Patrick Blanchon

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Festival In&Off Saint Julien Molin Molette.

Ajouté le 31 juil. 2019

Invité par Yannick Le Tord commissaire d'exposition du festival In&Off de Saint Julien Molin Molette il y a de cela quelques mois, j'ai pu faire l'expérience d'une sorte de résidence d'artistes, en occupant un local magique qui me sert à la fois de lieu d'exposition et d'atelier jusqu'à la fin de l'été.

Entrée de l'ancienne atelier de verrerie.

Début de l'installation

Prendre ses marques

Quand je ne donne pas de cours à Péage de Roussillon je monte en direction du Pilat pour retrouver ces locaux frais bien agréables par ces temps de forte chaleur.

L'un des premiers travaux que j'ai réalisé ici était en lien avec une exposition que je prépare pour le Puy en Velay. Par accident j'ai fait tomber quelques gouttes de solvant sur la toile et en la redressant j'ai vu se creuser des rigoles, des méandres, des chemins, qui m'ont fait penser à de la dentelle, spécialité du Puy 

Pour ce travail je me suis donné comme contrainte de n'utiliser que du bleu et de l'orange.


voici le tableau final format 80x80 huile sur châssis entoilé 3D

Il règne dans le village un calme extraordinaire notamment dans la première partie de la semaine où je ne vois que de rares visiteurs, j'en profite pour travailler de longues journées en m'activant sur plusieurs toiles et formats en raison des temps de séchage toujours un peu long de l'huile. Et voici le lieu quelques jours après mon arrivée ici 


Les tableaux s'accumulent 



Démarche artistique

Ajouté le 11 mars 2019

Aussi loin que je me souvienne le silence m’a toujours inspiré. Il était comme une toile vierge et de lui venait la multitude. Cela n’a pas toujours été tranquille, apaisant. Il y a des silences lourds, des silences pénibles à supporter. C’est sans doute dans la confrontation avec ceux-ci, ces silences difficiles, que j’ai commencé à dessiner et peindre. Je dois avoir compris très tôt la nécessité de déménager à l’extérieur de moi tout ce qui gênait à l’écoute du silence véritable.

En cela je me considère plus comme un artisan qui sans cesse reprend son ouvrage, poli ses surfaces pour ne laisser derrière lui qu’un objet qui serait réalisé dans une sorte d’anonymat. Etre un artiste, en dehors d’un statut fiscal, être un artiste vraiment, c’est bien autre chose que ce que je suis. Pour moi un artiste ce serait quelqu’un qui « est » le silence incarné et qui n’a plus  qu’à le déposer sur la toile naturellement. Etre un artiste c’est avoir effectué au préalable un sacré chemin dans sa tête et dans son cœur. La technique, la démarche plastique est souvent un labyrinthe dans lequel je me suis égaré, mais parce qu’il le fallait, et  dans la dextérité aussi.

L’idée du beau m’a pendant une bonne période, disons 15 ans   longtemps préoccupée. Tout d’abord je l’ai recherchée et j’ai donné une direction à mon travail vers celle-ci car je pensais qu’elle pouvait avoir un lien intime avec le silence. Mais le problème du beau à mon sens c’est qu’il laisse en surface. D’ailleurs, ma démarche plastique répondait assez fidèlement à ce problème que je relève. Mes surfaces étaient plates, lisses, il n’y avait pas d’épaisseur, pas vraiment de générosité non plus. Cela correspondait à l’idée fausse bien sur que je me faisais de la beauté. Une sorte de maquillage en fait comme celui que portait ma mère lorsque je l’apercevais enfant, mes toutes premières années.

Et puis il y a eut la rencontre de la vrai générosité je crois, la riche épaisseur des toiles de De Staël, de Fautrier. Et entre les deux celles de Manessier. Comme j’étais léger d’argent souvent, et que la couleur était chère pour ce genre d’ouvrage qui nécessite des tubes entiers par toile, enfin, je ne me suis pas donné les moyens d’épaissir. Et puis je crois que cela correspond aussi, dans les années 80-90 à tout un courant que je percevais et qui ne parlait que de cette « épaisseur ». Comme j’ai une sainte horreur des églises comme de la mode j’ai continué dans mon coin, à chercher d’autres solutions, souvent par la profondeur plus que par la surface.   

J’ai passé beaucoup de temps dans ma recherche  plastique à   traquer cette idée de silence, la capter, la restituer. Et c’est souvent en cherchant cela que j’ai trouvé autre chose finalement. C’est pour cela que j’ai toujours estimé la sérendipité un cran au dessus par rapport à la créativité. La créativité est utile à la collectivité et je n’en avais pas grand-chose à faire dans mon travail de la collectivité. J’ai poursuivi une démarche solitaire en ayant comme but le silence, en m’égarant, j’ai découvert des relations connexes avec le mensonge, avec l’habileté, et j’ai emprunté des sentiers pour aller vers une « vérité » de la peinture, ou une maladresse plus  ou moins spontanée, ce qu’on appelle aujourd’hui le « lâcher prise » Alors là aussi il y a tout un cheminement pour sentir en fin de compte que le travail doit à nouveau s’effectuer bien en amont du tableau. Sans discipline de vie, j’ai toujours eu le sentiment de faire de la merde. Parce que j’ai mis la barre haute. La peinture devenait une sorte de sacerdoce, une religion.

Aujourd’hui ce qui m’intéresse c’est de revenir à une forme de simplicité, de proposer un message du cœur simple  à ressentir en surface comme en profondeur, je crois que la simplicité est le fruit de beaucoup de difficultés pour moi c’est pour cela que de nombreuses expositions que j’ai réalisées s’appellent « errances » « vagabondages ». J’ai cru aussi pas mal de temps que cela pouvait être une idée forte ces notions d’errance et de vagabondage, mais en fait non, la vraie idée forte c’est bien celle que je découvre en dessous de tout ça. Restituer le silence le plus pur possible, le plus simplement possible. Car je crois que ce silence répond à toutes les questions qu’un être humain puisse se poser pour ne pas l’écouter, ne pas l’accepter.

Le dessin et la peinture figurative.

J’ai passé beaucoup de temps à faire de « beaux dessins » comme tout le monde dans ce domaine j’imagine. Mais cela ne m’a jamais satisfait vraiment. Faire un beau dessin était une manière d’entrer dans un moule et finalement d’accepter les règles. Et ces règles m’ennuyaient, en fait je n’y ai jamais rien vraiment compris et j’ai fini par placer cette notion de beau dessin dans les cases du narcissisme, de la performance. Restituer la réalité commune, celle que l’on impose commune généralement ne fonctionne plus pour moi, de part mon parcours de photographe je voulais que mon dessin et ma peinture sortent de la représentation classique. Alors j’ai déformé les visages, les corps, creusant  une veine expressionniste finalement qui existe depuis longtemps. Comme quoi la nouveauté en art correspond souvent à une ignorance ou un aveuglement dans mon cas car je connais très bien l' expressionnisme. Ma spécialité est le visage. Je ne prends jamais de modèle pour les peindre. Ils apparaissent sur la toile au travers de jus légers et ce sont des voyages que j’effectue au travers de la mémoire pour laisser soudain apparaître quelqu’un que j’ai autrefois côtoyé, ce n’est pas tant la ressemblance exacte qui m’intéresse mais plutôt d’être au plus juste avec l’émotion que j’ai conservée intacte quelque part en moi de ce visage.

Les paysages abstraits à l’huile


Je pourrais dire la même chose des paysages que plus haut des visages. C’est à chaque fois un voyage de retour à l’origine. Et puis en ayant photographiés beaucoup je ne peux les peindre de la même façon, de manière « classique ». Il y a une forme de dictature de la composition d’un paysage que j’ai découverte et qui à chaque fois que je me retrouve confronté à celle-ci m’impose de prendre le maquis. Les lignes d’horizon notamment j’essaie de les supprimer le plus souvent possible ou de les suggérer fictives, faire douter de l’horizon, faire douter du plan a longtemps été une préoccupation dans l’élaboration de ces paysages. On en revient aux apparences, à ce silence qui se trouve sous celles-ci.

L'abstraction

Ce sont des tableaux que je réalise dans des périodes de remise en question. Quand je laisse tomber tout ce qui d’ordinaire me préoccupe. C’est tenter de retrouver le silence par la liberté. De retrouver aussi une énergie, celle de l’enfance.


Personne ne sait

Ajouté le 28 févr. 2019

purer.jpg

Où les choix mènent-ils vraiment ? Il se posait la question en récapitulant tous les choix effectués durant ces dernières semaines et pouvait apprécier le chemin parcouru. Il constata qu’il s’était débarrassé de plusieurs couches de peau anciennes, et, sa chair désormais à vif éprouvait douloureusement la moindre brise. Même le chant d’un oiseau, pourtant si aimable soit-il lui eut transpercé le cœur. Heureusement qu’il avait une oreille bouchée, songea t’il, le supplice était au moins divisé par deux.

Comme un apnéiste, il s’était enfoncé au fil des jours vers les profondeurs, et avait pu apercevoir, très loin encore, tout au fond, quelque chose qui ressemblait à un paysage familier. L’avait il rêvé ? Ce paysage existait-il ? Il allait une nouvelle fois se mettre à douter quand il commença à suffoquer. C’était le signe qu’il lui fallait remonter à la surface des choses, reprendre une bouffée de légèreté, qu’il avait encore trop tendance à estimer comme de la superficialité.

Il avait éprouvé un dégoût profond, une envie quotidienne de vomir en se souvenant de tout ce qu’il fallait encore traverser en fonction des choix passés, des engagements pris. En fait, tous les projets qu’il avait dans le temps mis en place, finissaient par arriver, par flots sombres comme la marée souillée par un supertanker éventré.

Et pourtant, malgré tout, il tenait debout. Une force inconnue le maintenait qui n’avait pas grand chose à voir avec la volonté. C’est qu’au travers de la douleur, son unique tympan se familiarisait à nouveau avec une voix enfouie au plus profond de lui. Il retrouvait la beauté profonde du silence.

Il eut alors envie de s’emparer d’une toile et de vite attraper ses pinceaux pour tenter de capter par la couleur, par le mouvement, par les formes tout ce que ce silence lui inspirait car soudain il s’était aperçu que le silence était abondance, le silence était intarissable, le silence était le lit d’un fleuve dans lequel son esprit et son corps semblait s’épanouir et croître.

Il eut un dernier doute cependant, n’était ce pas encore son imagination qui lui jouait un tour. Et c’est juste à cet instant que le bourdon pénétra dans l’atelier. Il suivit sa trajectoire effrénée et le vit se heurter aux poutres, aux parois de plusieurs murs avant d’aller buter obstinément sur les parois vitrées qui donnaient sur la cour. Il se hâta d’aller ouvrir la porte et après encore plusieurs chocs contre les vitres, l’insecte trouva la béance de l’extérieur et disparut.

Le peintre referma la porte derrière lui. Et soudain il comprit. Alors il remercia la vie et le silence en esquissant un sourire un peu triste encore. Puis il se mit au travail.



De l'Empressement

Ajouté le 12 déc. 2018

Pour cette fois c'est vers le mot anglais readiness que je dirigerais mes pas,écartant dans un même temps les mots alicrity et enthusiasm. Ces derniers contenant une aura d'avidité pragmatique ou mystique qui ne sied pas à mon propos.

Readiness, de readi ou ready être prêt..me propose plus une connexion intime à l'instant et l'ajout du suffixe ness marquant en outre une notion de qualité me conviendra au poil dans ce contexte.

Aussi loin que remontent mes souvenirs j'ai toujours fait preuve d'empressement donc, de readiness.

Que ce soit et voilà nous y sommes ! sur le chemin de l'école, accompagné de mon père, je m'empressais de saluer toutes les personnes rencontrées en ressentant un trouble au cas ou je puisse en omettre la plus petite la plus insignifiante.

Cet état, à la fois de grâce et d'obligation contraignante tout de même ,s'acheva lorsqu'un matin, mon père n'y tenant plus me demanda si je connaissais tous ces gens que je saluais de bon cœur.

Malgré tout ma bonne volonté je dus me résoudre à répondre par la négative ce qui occasionna deux choses:

Les rides que mon père portait au front se renforcèrent et je crois qu'il abandonna définitivement l'idée d'être l'auteur d'un génie.

Ce qui aurait pu nous soulager tous les deux d'un poids et nous rassembler une bonne fois  pour toutes comme un père et un fils dans un magnifique sourire.

Mais la providence ou peut-être le crachin qui commençe à tomber pendant que je vous raconte , bref ce moment, entrava cette possibilité naissance et elle avorta dans l’œuf.

Permettez cependant que j'y revienne. A cet empressement.

Car malgré tous les tourments, toutes les claques, tous les rires, tous les dos tournés qu'il provoqua je parvins à me maintenir vivant suffisamment longtemps pour me sentir un peu apte à en parler.

Parallèlement, mon père, toujours lui, avait sur son bureau une petite sculpture en laiton ou en cuivre représentant les 3 singes, celui qui ne dit, ni n'entend ni ne voit.

Ce symbole de la retenue magistrale, d'une pudeur génétique m'intrigua longtemps avant que je ne comprenne qu'il s'agissait en fait d'un emblème.

Celui là même semble t'il à opposer à tout empressement.

Il en résulta entre mon père et moi un très long quiproquo qui ne s'acheva et, songeais je encore avant d'écrire ses lignes,qu'à sa mort.

Il n'en fut pas tout à fait comme cela. 

Car depuis que je m'empresse envers la moindre personne, je ne peux m’empêcher concomitamment d’apercevoir dans les yeux de celle ci désormais un regard aussi mystérieux que simiesque et entendre le rire tonitruant de mon paternel.  

Alchimie des couleurs 2018

Ajouté le 16 sept. 2018


  • Mon travail est en relation étroite avec des mécanismes alchimiques que j'expérimente au travers de  ce "laboratoire" que représente la peinture.
  • Depuis quelques temps je suis sorti du labor pour effectuer une incursion dans l'oratoire, par l'écrit je tente de revenir à l'image comme si, de ce point de vue, la revisitant j'en aiguise ma compréhension.
  •  Ma pratique plastique s'est longtemps effectuée en "aveugle" au gré de mes désirs, du temps que je pouvais donner , des moyens que je me permettais, des lieux aussi choisis surement pas par hasard souvent étroits, mal appropriés.
  •  Amoureux de la surprise, du hasard, me trompant beaucoup sur la notion d'originalité comme de nouveauté ,  je cherchais surtout  à tromper l'ennui de mes différentes vies de salarié. j'ai longtemps pris très grand soin de n'avoir aucune démarche artistique basée sur une thématique. Je ne pouvais me résoudre de sortir d'une case pour entrer dans une autre et cependant, c'est tout à fait ce qui m'est arrivé. Car la pratique plastique seule reste un outil et non le fondement de l'acte de peindre.

  • Mais je ne regrette rien de ce voyage, car j'ai appris. C'est peu à peu  que j'ai découvert que la toile pouvait réunir en elle toutes les chimères, le chant des sirènes que j'avais pensé vaincre par la ruse seule. Pour traquer l'invisible je cherchais des harmonies de couleurs, des déséquilibres censés produire l’équilibre, des fragments pour produire l'unité. 

  •  De façon bravache l'agilité brandit comme cette épée de bois et de poil , un pinceau, tapant sur la toile comme une espèce saugrenue de chaman hèle les esprits à l'aide de son tambour, il m'importait peu que  "mon art" fusse  figuratif ou abstrait ou bien parfois un "entre-deux". Je m'illusionnais sur la notion de victoire comme sur celle de réussir "un bon tableau".
  •   Il n'y pas de bon tableau. Il n'y a que des objets neutres que l'on regarde et que l'on interprète avec une grille qui nous est propre mais qui ne serait être universelle.
  • Nous projetons sur ces surfaces peintes nos émotions, nos désirs, nos espoirs et nos désespoirs d'une façon souvent encore romantique.
  • Tant que le tableau seul est miroir pour celui qui le crée ou celui qui le regarde, l'errance continue pour chacun.
  • Puis vient le temps, cet instant précis où un miroir se  brise et sans doute est-ce là seulement que naît le bon tableau.
  • comme dans le bouddhisme on pourrait dire:" au début le tableau est le tableau , puis  le tableau n'est pas le tableau et enfin le  tableau est le tableau."
  • Ces trois phases inévitables par lesquelles une existence approche l'indicible.

  • Ce que je retiens pour le moment c'est que débuter un tableau c'est une façon de poser une question à l'univers.
  • Cependant si on  ne sait pas quelle question poser vraiment, si on ne l'a pas suffisamment mûrie, méditée: tout peut très vite partir à vau l'eau.

  • Cette  réponse peut se révéler immédiate, et parfois elle peut  prendre bien des détours pour se manifester.

  •  L’absence de réponse est souvent liée à l'absence de précision de la question.

  •   Et aussi pour l'observer cette  réponse s'adapte  au niveau de conscience de la personne qui la réclame...
  •  Ainsi, longtemps je me suis demandé pourquoi les réponses tardaient tant à venir, mais je ne me souciais pas vraiment de la profondeur ou de l'essence de mes questions. C'est comme aller chez le buraliste est dire je vais jouer au loto on verra bien si je gagne ..
  • Mais, les réponses  ont toujours été données, parfois doucement, parfois en souriant, parfois en pleurant .. combien de fois ai je touché le " gros lot"...? 
  • En fait mille fois et ce de mille et unes façons cependant que mon attention mal orientée ne voulait jamais les retenir. Ainsi le temps que prend la réponse à être saisie ne dépend pas de l'univers. 
  • Il ne dépend que nous de l'écourter dans l'attention et l'intention et cela parfois peu prendre toute une vie.
  • Cependant il est possible que si pendant une minute, le temps de comprendre et de voir on comprend et voit alors cette minute devient tellement précieuse, qu'elle gomme toutes ces milliards d'autres et qu'on se mette à sourire de bon coeur.

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Une fenêtre sur le Dedans

Ajouté le 15 sept. 2018

Comment être certain de ce que tu vois, et.. le vois tu vraiment ? Cette question remonte du fond des temps, par un matin gris un professeur m'initie à l'astronomie et nous discutons. Mon premier évanouissement date de ce matin là. Je m'en souviens tellement bien :
Imagine le néant...
-mais il y a bien quelque chose au début quand même?
-non rien, absolument rien
-...
l'infirmerie était irréelle et je me suis retrouvé à grignoter un sandwich car on ne sait jamais ça peut être de l'hypotension un manque de sucre ou je ne sais quoi.
La réalité m'est apparue ambiguë tout soudain.

Plus tard en philo : Pourquoi y a t'il quelque chose au lieu de rien ?
Patatrac à nouveau
Je ne compte plus les évanouissements.

Si je me suis tellement plu à me retrouver devant une toile c'est que de rien pour ainsi dire le blanc j'ai le pouvoir de créer des mondes. Au début je m'acharnais à m'inspirer de l'extérieur. Et puis un jour je me suis dit : Et s'il n'y avait pas d'extérieur que je puisse vraiment connaitre ?
je ne me suis pas évanoui , j'ai tenu bon cette fois ci , comme Ulysse j'avais décidé de m'attacher au mat de ma galère et d'écouter chanter les sirènes.

Traitement d'images.

Ajouté le 10 août 2018

Pour un peintre utiliser un logiciel de traitement d'image est une source d'inspiration infinie. On peut jouer avec tous les réglages et obtenir des séries du même tableau qui pourront servir à en créer d'autres ou pas.cela permet aussi de résumer une gamme chromatique, inverser les dominantes.. transformer l'atmosphère du doux au tragique.

Pour un acheteur potentiel difficile de s'y retrouver devant une série de transformations du même tableau.Ou pas car il existe la possibilité de trouver un compromis pour les deux parties en expérimentant les tirages sur papier ou aluminium moins coûteux que l'original. Artmajeur propose ce service et j'ai pensé jusqu'à ce jour que celui ci était destiné à mes clients .En fait il est aussi destiné aux artistes qui peuvent par ce moyen proposer des séries numérotées à leurs collectionneurs voir en offrir aux plus assidus.

@patrickblanchon38550

Le petit matin

Ajouté le 4 août 2018

Le petit matin, je l'ai vécu tant de fois. Et toujours ce ressenti d'une nouvelle vie,d'une nouvelle chance. Les parfums des plantes qui s'éveillent, un je ne sais quoi dans l'air qui soudain active le souvenir ... tant de petits matins sont passés que je les croyais enfouis à jamais.

Et puis ce matin ils sont tous là en même temps et l'émotion est grande. Un chemin parcouru dans la nuit aux cotés de tant de gens et l'impression d'une harmonie magnifique. Il est temps de se remettre au travail, d'être au diapason du jour.

Peindre la nuit

Ajouté le 4 août 2018

Je dors très peu, quelques heures de sommeil me suffisent alors la nuit , je peins. Je descend l'escalier, je me fais un café, allume une cigarette ( et oui je sais ce n'est pas bien ) et en touillant pour que le sucre fonde je rêve à une nouvelle série de toiles .

Alors j'ouvre la porte de la cuisine qui donne sur la cour, je traverse celle ci et allume les lumières de l'atelier.

Tout ce qui se passe ensuite est du domaine de l'intime, du silence; un indice pourtant : je ne me sens jamais seul.

Le but et le chemin

Ajouté le 10 juin 2018

Le peintre Mark Rothko ,influencé peut-être par Nietzsche, avait imaginé comme but à l'art de "soulager le vide spirituel de l'homme moderne ; un vide créé en partie par l'absence d'une mythologie adressée correctement à « la croissance d'un esprit enfantin et (...) à la vie et les luttes d'un homme " Et plusieurs fois face aux toiles de ce peintre j'ai ressenti une très vive émotion. Ce qu'ignore sans doute le visiteur profane c'est le travail que nécessite ces toiles qui, à première vue ne semble représenter que des rectangles même pas droits et colorés. "On n'y voit rien" pour reprendre un titre connu.
Cependant si l'on prend le temps de s'attarder un moment, et de contempler ce qui émane de ces grandes formes et de ces couleurs une sensation finit par nous étreindre en profondeur ... la présence de l'Esprit alors est indéniable autant qu'indicible.
Cela peut être une tragédie ou un instant de très grande joie , voire même les deux en même temps.

Evidemment, ce tableau n'a rien à voir avec Rothko de prime abord.C'est juste une installation lente et patiente de couches et d'essuyages qui provoque l'apparition d'un paysage à mi chemin entre l'inquiet et le serein. 

Ainsi ceux qui font le voyage jusqu'à Saint-Jacques de Compostelle se souviendront sans doute plus du chemin que du but.

Thèmes connexes: Peinture, Huile, Art ab


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